Posez la question dans n’importe quelle PME de 10 à 100 salariés : « Où sont vos données emballage ? » La réponse tient rarement en une phrase. Il y a un poids dans l’ERP, parfois. Un tableau Excel refait chaque printemps pour la déclaration à l’éco-organisme. Des fiches techniques de cartonnier dans une boîte mail. Et, pour le reste, la mémoire de la personne qui s’en occupe depuis des années.
Ça fonctionnait. Ça ne va plus fonctionner très longtemps.
Ce qui a changé le 12 août 2026
Depuis le 12 août 2026, le règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages — le PPWR, règlement (UE) 2025/40 — s’applique directement dans toute l’Union, sans transposition. Il remplace la directive de 1994 et il change la nature du sujet.
Jusqu’ici, gérer ses emballages, c’était surtout déclarer des tonnages par matériau. Désormais, chaque unité d’emballage — l’étui, le flacon, le film, la caisse, et chacun de leurs composants — doit pouvoir être :
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Décrite — matériaux par composant, poids, dimensions.
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Évaluée — recyclabilité en classes A, B ou C à partir de 2030, contenu recyclé, taux d’espace vide.
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Documentée — un dossier technique et une déclaration UE de conformité par type d’emballage, conservés cinq à dix ans.
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Étiquetée — une étiquette de tri harmonisée dans toute l’Europe à partir d’août 2028, avec ses informations disponibles en ligne avant l’achat.
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Déclarée — au registre des producteurs de chaque pays où vous vendez, par catégorie de matériau.
Autrement dit, le règlement ne vous demande pas seulement de changer vos emballages. Il vous demande de savoir, prouver et communiquer ce qu’ils sont.
Et il ne vise pas que les grands groupes. Les exemptions concernent essentiellement les microentreprises de moins de dix salariés et les très petits volumes. Une marque de 25 personnes qui fait fabriquer ses coffrets sous son nom est « fabricant » au sens du règlement, avec les mêmes obligations qu’une multinationale — et sans service réglementaire pour les porter.
C’est un sujet de données avant d’être un sujet de carton.
Sébastien Houzet
Le réflexe Excel, et pourquoi il ne tient pas
Le premier réflexe, c’est d’ouvrir un nouveau tableau. Une ligne par emballage, des colonnes pour le matériau, le poids, le pourcentage recyclé. C’est un bon début. C’est aussi exactement ce que vous faisiez pour vos fiches produit avant de vous rendre compte que les mêmes informations vivaient dans quatre fichiers différents, jamais tout à fait à jour.
Le problème n’est pas le tableau, c’est la déconnexion. Un emballage n’existe pas en soi : il existe pour un produit, dans une configuration donnée (unité de vente, lot de six, carton de transport), sur un marché donné, à une saison donnée. Le même étui sert à quarante références. Le même flacon change de bouchon à la collection suivante. Une référence vendue en Belgique et en France a deux enregistrements et deux langues d’étiquetage.
Dès que ces liens ne sont pas dans l’outil, ils sont dans la tête de quelqu’un. Et chaque obligation du règlement — le calcul de la déclaration annuelle, l’étiquette de tri, la fiche à exposer sur la boutique en ligne, la réponse à une autorité qui a dix jours pour arriver — devient une opération manuelle de rapprochement entre le tableau « produits » et le tableau « emballages ».
Ce qu’un référentiel produit fait naturellement
C’est précisément le métier d’un PIM : une fiche structurée, des attributs contrôlés, des relations entre objets, des documents attachés, et des sorties générées automatiquement pour chaque canal. Appliqué à l’emballage, ça donne quelque chose de simple.
Dans Flowkiwi, un emballage est un objet à part entière, rattaché à vos produits par niveau — emballage de vente, emballage groupé, emballage de transport ou e-commerce — et réutilisable d’un produit à l’autre. Vous décrivez votre étui carton une fois, avec ses composants (le carton, la fenêtre plastique, l’encre, la colle) et leurs matériaux classés selon les catégories du règlement. Ensuite, vous le rattachez aux quarante références qui l’utilisent. Quand il change, il change partout.
À partir de là, tout ce que le règlement demande découle des mêmes données.
La déclaration à votre éco-organisme
Vos ventes par référence, croisées avec le poids de chaque composant, donnent directement les tonnages par matériau et par catégorie. La déclaration annuelle, qui prenait plusieurs jours de tableur, devient un export. Pour les grossistes et les industriels, c’est d’autant plus important que la filière REP des emballages professionnels démarre en France au 1er janvier 2027 : beaucoup vont déclarer pour la première fois.
Le dossier technique et la déclaration de conformité
C’est l’obligation qui intimide le plus, et celle où un outil de génération de documents fait la différence. Flowkiwi produit déjà vos catalogues PDF à partir de vos fiches ; il produit de la même manière le dossier technique de chaque type d’emballage et sa déclaration UE de conformité, versionnés, datés, conservés le temps réglementaire, exportables en un clic si une autorité vous les demande.
L’étiquette de tri et l’information en ligne
À partir d’août 2028, chaque emballage de vente porte une étiquette harmonisée indiquant ses matériaux, et ces informations doivent être accessibles avant l’achat sur votre site. Quand la composition est dans la fiche, l’étiquette se génère, s’insère dans le catalogue, et se publie sur la boutique par le même flux que le reste de la fiche produit. Une seule source, trois usages.
Les contrôles avant qu’on vous les fasse
Un taux d’espace vide qui dépasse le plafond de 50 % sur un carton de transport, un format de fardelage plastique qui sera interdit en 2030, un emballage alimentaire sans attestation PFAS, une allégation « recyclable » sans justification : autant d’alertes qu’un référentiel bien structuré peut lever sur votre catalogue entier, référence par référence, avant qu’un distributeur ou une autorité ne le fasse.
La collecte des preuves auprès des fournisseurs
Ce n’est pas vous qui détenez le certificat de contenu recyclé ou l’analyse de métaux lourds : c’est votre cartonnier ou votre plasturgiste, et le règlement lui impose de vous les transmettre. Encore faut-il les demander, les relancer, les rattacher au bon emballage et savoir ce qui manque. Là aussi, c’est du travail de référentiel.
Ce que ça change concrètement
Pour une marque
La fin du dossier de conformité reconstitué dans l’urgence avant un salon ou un référencement. La nouvelle collection se conçoit avec ses emballages, et ses emballages naissent conformes — ou, au moins, on sait exactement ce qui ne l’est pas encore.
Pour un grossiste ou un négoce
Savoir, fournisseur par fournisseur, qui a transmis son numéro d’enregistrement REP et ses preuves de conformité — ce que le règlement vous demande désormais de vérifier avant de mettre un produit en rayon. Même avec des milliers de références.
Pour un industriel
Une fiche technique qui intègre la conformité emballage, dans toutes les langues de vos marchés, prête pour les appels d’offres où ce critère commence à apparaître.
Et pour tout le monde, c’est la même personne qui gère les produits, le catalogue et les emballages, dans le même outil, sans intégrateur ni projet de six mois.
Par où commencer
Le règlement s’étale jusqu’en 2030 et plusieurs de ses modalités techniques sont encore en cours de finalisation à Bruxelles. Ce n’est pas une raison d’attendre : les données à rassembler auprès des fournisseurs prennent des mois, et les premières obligations — le dossier technique, les mentions du fabricant, la vigilance du distributeur — sont déjà en vigueur.
Le point de départ raisonnable, c’est un inventaire. Quels emballages utilisez-vous, pour quels produits, faits de quoi, pesant combien ? C’est la première recommandation des éco-organismes eux-mêmes. Et si cet inventaire est fait dans votre référentiel produit plutôt qu’à côté, tout ce qui vient après en découle.
Si vous voulez voir ce que ça donne sur vos références — y compris combien d’entre elles n’ont aujourd’hui aucune donnée emballage — réservez une démo de vingt minutes. On repart de votre Excel, et on regarde ensemble.
Cet article présente le règlement (UE) 2025/40 à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Les échéances citées sont celles du texte publié au Journal officiel du 22 janvier 2025 ; certaines dépendent d’actes d’exécution de la Commission européenne encore attendus. Rapprochez-vous de votre éco-organisme pour les modalités de déclaration applicables à votre situation.
Sébastien Houzet
Flowkiwi · PIM, DAM & hub data produit